


Après un passage du côté du dessin à l’encre sur papier fort où le trait tenait une place importante, l’introduction du papier de Chine dans ma pratique de l’encre à bouleverser mon approche de cette technique.
Travailler sur un support à la fois très fragile et d’une sensibilité aussi extrême à l’eau conditionne la pratique du dessin à l’encre. Il faut rappeler que ce papier à un grammage inférieur à 60 g/m2, là où le papier occidental pour l’encre varie entre 150 et 300g/m2.
La plus grande difficulté réside dans le contrôle la dispersion de l’eau sur le papier (plus l’encre est diluée, plus la dispersion est importante) tout en lui laissant une part de liberté, qui, avec l’expérience, doit provoquer des accidents étonnants.
L’intention n’est pas de singer les techniques traditionnelles de la peinture et de la calligraphie chinoises. Je ne convoque pas une culture qui n’est pas mienne, j’emprunte à l’esprit de cet art, ce qui me procure une possibilité de création et qui résonne en moi dans le désir de faire.
Amateur de l’art contemporain, grand admirateur de l’œuvre d’Antoni Tapiès – chez qui on peut retrouver les traces de la calligraphie chinoise, réinterprétées, ma pratique de l’encre se veut inscrite dans mes propres racines picturales.